• La poésie est devenue totalement absente du paysage littéraire, la chanson portée par des troubadours l'a emporté, plus accessible, plus facile. Le moyen de remettre la poésie au centre des débats est peut être de la mettre en musique...et c'est ce qu'on fait Nosfell & Joseph d'Anvers, mardi soir, dans notre Coopérative de Mai. Un doux moment de pleinitude...

    Ténébreux et mystérieux au possible, Joseph d'Anvers regarde les choses en face, puis les décrit avec acuité et poésie. Malgré un constat désenchanté sur beaucoup de sujets, il met en chanson les tout petits rien de la vie. Méli-mélo un peu bobo, ce jeune artiste de la nouvelle scène française, ayant adopté le nom de la station de métro parisienne « Anvers » évoque un Miossec jeune, voir un Dominique A plus grave et sans trémolo. De bonnes fées se sont donc penchées sur la chanson pop mâtinée de folk de Joseph d'Anvers, pour le plus grand plaisir de  son auditoire clermontois.

    Nosfell, sur scène, il s'agit d'une expérience hypnotique, proche de la transe ou du chamanisme.  Il nous entraîne dans une contrée peu connue du grand public, un endroit où le temps n'a plus d'ampleur, un univers proche du conte fantastique, sa bulle, son île... Une espèce de castra, virtuose de la guitare, invente un langage fait d'onomatopées, seulement accompagné d'un contre-bassiste. Les superlatifs ne manquent pas tant sa prestation scènique, son talent et sa voix sont exceptionnels. Entrer dans l'univers de Nosfell, c'est refusé la monotonie, le “déjà-vu”, c'est se laisser quitter dans un voyage qu'on ne souhaite pas voir se terminer.

                                                                                                                        Lù.                                                                                                                                                                                             


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  • Passionnée et entière, Olivia Ruiz a réussi une percée spectaculaire dans le petit monde étriqué de la chanson française. Qu'il est loin le temps où cette jeune artiste de la nouvelle scène n'était qu'une élève parmi tant d'autres dans un grand château. Sa pugnacité et sa détermination lui ont permis de faire ce qu'elle voulait : de la bonne musique. 'J'aime pas l'amour', son premier album, l'a révélée au grand public au travers des textes éclairés de Chet ou encore de l'incroyable Juliette. Le public découvrait alors une personnalité bien ancrée dans une musique originale et surtout ne ressemblant à rien d'existant.

    A peine deux ans après cette révélation, Olivia Ruiz fut de retour, jeudi soir, à la Coopérative de Mai, pour nous présenter son dernier opus. De rythme latin en textes mêlants humour et poésie (Mathias Malzieu, chanteur de Dionysos ou encore Ben Ricour y sont pour beaucoup), Olivia Ruiz se révèle être une artiste encore plus complète que ce que l'on avait déjà vu. Sa présence époustouflante sur scène lui permit de s'imposer dans un répertoire qui emprunte à la fois à la chanson alternative et à la varièté de qualité.

    Ce qui fait la particularité de 'La Femme chocolat', ce sont ces chansons toutes si différentes, mélange succulent de rock et de folk qui ne lasse pas, bien au contraire. "A contre-courant des poseuses nombrilistes comme des bimbos nombril à l'air, Olivia Ruiz est une chipie sans chichis, qui prouve qu'on peut encore faire de la chanson réaliste vraiment fantastique." Olivia Ruiz évoque son enfance sur scène, notamment avec le désormais tubesque 'Je traîne des pieds'. La présence d'un univers hispanique fort envahit l'atmosphère durant tout le concert, que l'on retrouve dailleur dans le très rock 'Quijote'.

    Bref, que du beau, du bon et de l'entraînant. Il ne fait aucun doute qu'Olivia a réussi son pari : enflammer une Coopérative de Mai au complet, et faire oublier son passé de 'staracadémicienne' ! 

                                                                                                                              Lù.

     * Chronique publiée sur Night Fever*  

    http://www.nightfever63.com/n63show.phplink=news&id=937&PHPSESSID=656966a8ed5a30dccd9c7ea384ce798f  

     


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  • Un métissage de cultures plâna au dessus de la Coopérative de Mai, jeudi 19 octobre, en accueillant la charmante Ayo, et la chaleur réunionnaise de Davy Sicard, lors d'une soirée acoustique haute en couleurs.

    Davy Sicard, défendant des valeurs inaliénables telles que la iberté ou l'égalité, nous proposa un concert humainement inoubliable. Un live tout en acoustique, accompagné de percussions improvisées, d'une douceur  omniprésente et de textes d'une profondeur rare fit de ces quelques chansons partagées ensemble, un retour aux sources et une perpétuelle remise en cause des valeurs de la vie. En créole ou en français, les chansons s'enchaînent et le public partage alors l'histoire véridique de ce troubadour partant à la recherche de ses racines.

    Ayo, jeune artiste soul/bohème, reconnu sur la scène musicale internationale fut parmis nous pour partager des instants d'une pureté rare. La voix envoutante de cette dernière, accompagnée par ces trois musiciens, guitare, basse, percus, nous livrèrent un concert aux intonnations du bout du monde. Réunissant le charme de l'Afrique,  et une extraordinaire osmose avec son public, cette prodige fit de cette soirée un moment de convivialité unique, où toutes les générations présentes ont pu se retrouver à travers cette artiste éclétique.

    Bref, une soirée exceptionnellement riche en émotion, propice à l'exaltation des sentiments, qui apportèrent à chacun la sérénité et le calme au coeur d'une soirée musicalement inoubliable.

                                                     Lù. 

    *Chronique publiée sur Night Fever: http://www.nightfever63.com/n63show.php?link=news&id=920

     


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  • Les membres d'Indochine, avec à leur tête Nicola Sirkis furent parmis nous, vendredi 13 octobre, pour inaugurer leur nouvelle tournée * Alice & June * au Zénith d'Auvergne. Après leur retour en 2002 sur la scène française avec Paradize, et aujourd'hui avec Alice & June, le symbol Sirkis ne vieillit pas. Plus androgyne que jamais, les membres d'Indo ont rendu un dernier hommage à Pierre-Yves Denizot, producteur et directeur d'Arachnée Concerts décedé quelques jours auparavant. 

    Les Indoboys nous ont inités à un conte novateur, complètement décalé : fini les merveilles, l'histoire est profondement mélancolique, "violemment romantique, joyeusement pornographique" -dicsit Nicola - Avec une cacophonie de tic-tac d'horloges détraquées, nous savons que nous allons être projetté dans le pays des cauchemards. Inspiré d'Alice aux pays des merveilles, la conception visuelle de ce live fut irréprochable, retraçant l'univers obsèdant de deux jeunes filles atteintes d'un profond malaise. Les Indoboys nous ont livré un show  tantôt mélancolique, tantôt acidulé mais incontestablement remarquable. Alternant titres puissants et ballades intimistes, cette richesse de création musicale a hypnotisé les milliers de spectateurs présents à cette occasion. 

    La délectation de ces quelques heures en compagnie de nos Indoboys, mythe musical de ces vingt dernières années, n'aura pu laisser personne de marbre. Le public aime, et il le montre; l'atmosphère de la salle est à son paroxysme, la légende Indo n'est pas prête de s'évanouir...


                                                                                                                      Lù.

    Critique publiée sur Night Fever: http://www.nightfever63.com/n63show.php?link=news&id=909 


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  • Idem, Mad Professor, Improvisators Dub furent les acteurs de cette 6e Nuit du Dub, qui garda éveillée notre insatiable Coopérative de Mai, vendredi 29 septembre de 21h à 4h. Cette programmation éclétique réunissa sur la même scène le son organique d'Idem, l'urbanisme musical de Mad Professor et l'énergie désinvolte d'Improvisators Dub .

    La puissance brutale du trio guitare, basse, batterie d'Idem nous envoûta dans une bulle apocalyptique, à l'ambiance de fin du monde. La dimension visuelle fut indissociable de la dimension musicale, rien n`est donc laissé au hasard, jusqu`aux éclairages, savamment étudiés pour créer une impression constante de pénombre comateuse de laquelle s`échappèrent les musiciens à l`occasion de flashes sporadiques. Ce live,émotionnellement jouissif, donna le ton pour l'ouverture de cette remarquable ‘Nuit du Dub'.

    Puis vient le moment où Neal Fraser alias Mad Professor s'empara de la scène de la Coopé. Chef de file du dub anglais depuis les années 80, ce guyannais d'origine, petit génie des manipulations éclectroniques, mit la salle en ébullition dès son entrée sur scène. Un show d'une véritable performance sonore, du reggae, du dub, une pointe de drum'n bass, agrémenté de samples tout droit sortis de Browklyn s'entremêlèrent pour créer une atmosphère déroutante .

    Tête d'affiche de la soirée, pionners de la scène dub française, et parrains incontestés de celle-ci, Improvisators Dub nous livrèrent un live envoutant au possible, toujours très roots, chaleureux et syncopés, à l'improvisation débordante. Laissant libre cours à leur maîtrise du style, Improvisators Dub parsemèrent cette soirée d'une solide rythmique steppa et de sons ethniques qui nous transportèrent au coeur d'un monde intemporel

    Une soirée musicalement ressourçante, bref, un concentré de bonheur pour débuter cet automne...

                                                                       Lù.

    * Chronique publiée sur Night Fever * http://www.nightfever63.com/n63show.php?link=news&id=897  


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